Le CCAA en visite

Visite du musée Camille Claudel à Nogent-sur-Seine et balade dans la ville « médiévale » de Provins (2 octobre 2021)

Après un « petit » trajet en autocar, nous arrivons à Nogent-sur-Seine, dans le département de l’Aube.

Connue depuis l’époque Gallo-romaine, Nogent-sur-Seine fut rattaché au comté de Champagne au XIIe siècle.

En 1876, Camille Claudel (1864-1943) à l’âge de 12 ans emménage avec sa famille à Nogent-sur-Seine. Dès cet âge, elle fait ses premiers pas dans le modelage de manière autodidacte. Son père, touché par sa vocation précoce, fait appel au sculpteur Alfred Boucher qui voyant le potentiel artistique évident de la jeune fille le convainc de lui faire donner des cours de sculpture. Puis la famille s’installe à Paris où elle retrouve Alfred Boucher qui met en place la communauté d’artistes La Ruche. En 1882, elle rencontre Auguste Rodin qui l’intègre dans son atelier. « Je lui ai montré où trouver de l’or, mais l’or qu’elle trouve est bien en elle» (Auguste Rodin).

Le musée Camille Claudel, anciennement musée Paul Dubois-Alfred Boucher, est consacré à l’œuvre de Camille Claudel et à la sculpture de l’école française du XIXe siècle. Il retrace l’environnement artistique dans lequel s’est affirmée Camille Claudel.

Nous parcourons les quinze salles qui regroupent environ deux cents sculptures, en compagnie de nos guides. Dans la première salle, les bustes de quatre sculpteurs qui ayant vécu à Nogent-sur-Seine sont à l’origine de ce musée : Marius Ramus, Paul Dubois, Alfred Boucher et Camille Claudel. Dans la salle suivante, présentation de chaque étape de production d’une sculpture, de son élaboration en plâtre à son exécution dans des matériaux nobles comme le bronze et le marbre. Ensuite les salles s’organisent autour de l’âge d’or de la sculpture française, dans lequel s’est affirmée Camille Claudel. En cette seconde moitié du XIXe siècle, les artistes modernes ont cherché à représenter la femme d’une manière plus réaliste en se libérant du modèle imposé depuis la Renaissance italienne.

Ce mouvement novateur est mis à l’honneur dans les dernières salles : esthétisme, réalisme, mouvement, décoratif. Avec l’apparition de la photographie, le regard évolue.

Après un déjeuner des plus réconfortant, nous partons vers Provins (Seine-et-Marne).

Pendant plusieurs siècles, Provins a été une place commerciale importante qui rayonnait dans toute l’Europe. Il y a 1000 ans, la cité médiévale, protégée par ses remparts, faisait la fierté des comtes de Champagne. Elle était réputée pour sa production de draperies, ses métiers du cuir, du fer et de la coutellerie. Elle a atteint son apogée aux XIIe et XIIIe siècle, avec les foires de Champagne. A cette période, Provins était la troisième ville de France après Paris et Rouen. Son rattachement au royaume de France et surtout le déplacement des échanges commerciaux vers les Flandres ont causé peu à peu son déclin.

En compagnie de notre guide, nous admirons les remparts édifiés entre les XIe et XIIIe siècle. Ils mesurent 25 m de hauteur. Sur les 5 km de long qu’ils occupaient lors de leur construction, il n’en reste aujourd’hui que 1,2 km. Les pierres de la partie disparue ont servi à construire ou reconstruire des habitations. De la porte Saint-Jean, avec ses deux tours en amande, nous atteignons la porte de Jouy. Construite au XIIIe siècle, elle était surmontée d’un clocheton qui permettait de guetter l’ennemi. Belle vue sur la plaine du haut de ce petit donjon. Puis nous rentrons dans la ville (le Châtel) par la rue de Jouy, la place du Châtel. Nous nous baladons dans les petites ruelles bucoliques jusqu’à la Tour César, symbole de puissance des comtes de Champagne. Ce donjon construit au XIIe siècle a rempli de nombreuses fonctions : tour de guet, prison, clocher… En compagnie de notre guide et pour les plus « courageux » d’entre nous … ,  nous grimpons jusqu’au dernier étage qui offre une vue panoramique sur la ville et ses environs, et en particulier sur la collégiale Sainte Quiriace. Sa construction avait commencé au XIIe siècle mais les difficultés financières du royaume sous Philippe le Bel, la laisserons à jamais inachevée. Le dôme, construit à la suite de l’effondrement de la croisée du transept, date quant à lui du XVIIe siècle. Nous terminons notre découverte de Provins en déambulant dans les rues bordées de maisons en pierre dont certaines proviennent sûrement du rempart !!!!

Sortie du 2 octobre 2021. Clichés Danielle Deguelte